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Trump veut freiner le rapprochement avec Cuba initié par Obama

Trump veut freiner le rapprochement avec Cuba initié par Obama

Donald Trump avait promis un réexamen du rapprochement historique avec Cuba initié par son prédécesseur démocrate Barack Obama: il devrait annoncer vendredi, depuis Miami, des ajustements, dont la portée reste à déterminer, en particulier dans le secteur du tourisme.

Trump veut freiner le rapprochement avec Cuba initié par Obama
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Donald Trump avait promis un réexamen du rapprochement historique avec Cuba initié par son prédécesseur démocrate Barack Obama: il devrait annoncer vendredi, depuis Miami, des ajustements, dont la portée reste à déterminer, en particulier dans le secteur du tourisme.

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Trump veut freiner le rapprochement avec Cuba initié par Obama

Le président des États-Unis, Barack Obama, a rencontré le président cubain, Raùl Castro, à la place de la Révolution de La Havane, en mars 2016. La première visite d’un président américain à Cuba depuis 1928.

PHOTO NICHOLAS KAMM, ARCHIVES AFP


Donald Trump avait promis un réexamen du rapprochement historique avec Cuba initié par son prédécesseur démocrate Barack Obama: il devrait annoncer vendredi, depuis Miami, des ajustements, dont la portée reste à déterminer, en particulier dans le secteur du tourisme.

Si le président américain veut envoyer des signaux à une base anti-castriste qui lui a apporté un soutien réel en Floride, il est aussi conscient que la main tendue à l’île communiste après un demi-siècle de tensions héritées de la Guerre froide fait l’objet d’un large soutien aux États-Unis, en particulier de la part du monde des affaires.

La Maison-Blanche est, pour l’heure, restée muette sur ses projets.

Personne n’évoque des mesures radicales telles que la remise en cause du rétablissement des relations diplomatiques, effectives depuis juillet 2015. Parmi les pistes à l’étude: imposer de nouvelles restrictions sur les voyages d’Américains sur l’île, et limiter les possibilités de partenariats entre les entreprises américaines et certaines entités cubaines.

Interrogé mardi par des sénateurs, le chef de la diplomatie américaine, Rex Tillerson, a souligné sa volonté de permettre «autant que possible» la poursuite du développement des échanges commerciaux.

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Mais il a aussi insisté sur la nécessité de remettre la «pression» sur La Havane: «En développant les échanges économiques et en tirant des bénéfices, n’apportons-nous pas, directement ou indirectement, un soutien au régime? Nous pensons que la réponse est « oui »».

Le sénateur Marco Rubio, fils d’immigrés cubains anticastristes, qui a toujours dénoncé des concessions excessives au régime de La Havane sans réelles contreparties, espère un message clair.

«Je suis confiant dans le fait que le président tiendra ses engagements sur Cuba en faisant des changements ciblés et stratégiques qui feront avancer les aspirations du peuple cubain», a-t-il déclaré à l’approche de cette rencontre.

La Maison-Blanche martèle un message: La Havane doit faire des progrès en matière de respect des droits de l’Homme. «Le peuple cubain mérite un gouvernement qui fait respecter les valeurs démocratiques», lançait Donald Trump fin mai, à l’occasion de la fête de l’indépendance cubaine.

Nombre d’observateurs soulignent l’ironie de la mise en avant de cet argument tant, à l’égard d’autres pays – Turquie, Égypte et Arabie saoudite -, l’exécutif américain a délibérément et ostensiblement décidé de mettre en sourdine ses critiques sur ce thème.

Lettre de Cubaines à Ivanka

Au-delà des comparaisons, un possible retour en arrière a déjà provoqué une levée de boucliers parmi les ONG de défense des droits de l’Homme.

Pour Human Rights Watch, Cuba reste un pays «très répressif», mais mettre en place de nouvelles restrictions frapperait d’abord les Cubains les plus démunis sans provoquer de changements d’ampleur.

«Le fait que l’approche d’Obama n’ait pas entraîné des réformes politiques à Cuba après quelques années seulement n’est pas une raison valable pour revenir à une politique qui a échoué – au prix fort – pendant des décennies», résume l’un de ses responsables, Daniel Wilkinson.

Sur le front économique, des voix se sont élevées des deux côtés du détroit de Floride, qui sépare les deux pays, pour mettre en garde contre un retour en arrière.

Une cinquantaine de femmes cubaines entrepreneurs ont envoyé un courrier à Ivanka Trump, fille et conseillère du président américain, l’invitant sur l’île pour constater par elle-même l’impact positif du rapprochement spectaculaire initié fin 2014.

Dans ce texte, rendu public par l’organisation Engage Cuba, qui milite pour la fin de l’embargo, elles soulignent que «des millions de Cubains» ont bénéficié de la croissance du secteur privé – hôtellerie, restauration, programmation informatique – et soulignent les conséquences potentiellement dévastatrices d’un coup de barre en sens inverse.

L’administration Obama a assoupli nombre des restrictions qui étaient imposées aux Américains souhaitant se rendre sur cette île aux infrastructures touristiques en plein développement.

Avec quelque 285 000 visiteurs en 2016 (+74 % par rapport à 2015), ils sont devenus le troisième plus important groupe à la visiter, derrière les Canadiens et les Cubains installés à l’étranger. Selon des chiffres portant sur les trois premiers mois de l’année, la tendance s’est encore accélérée (+118 % selon la télévision d’État cubaine).

Dans un rapport publié début juin, Engage Cuba estimait qu’une remise en cause du rapprochement engagé pourrait mettre en danger plus de 10 000 emplois américains dans le secteur du transport (aviation, croisières).

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