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Un message de Pyongyang aux américains : la Corée du Nord utilisera l’arme nucléaire qu’en cas d’agression

Un message de Pyongyang aux américains : la Corée du Nord utilisera l’arme nucléaire qu’en cas d’agression

Un message de Pyongyang aux américains : la Corée du Nord utilisera l’arme nucléaire qu’en cas d’agression
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La Corée du Nord ne fera usage de ses armes nucléaires que si sa souveraineté était menacée par une autre puissance nucléaire, a déclaré le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un devant le congrès du Parti des travailleurs de Corée (PTC). « Comme puissance nucléaire responsable, notre république n'utilisera pas une arme nucléaire sans que sa souveraineté ne soit violée par des forces hostiles et agressives avec des bombes atomiques », a déclaré samedi Kim Jong-Un, cité dimanche par l'agence officielle KCNA.

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Un message de Pyongyang aux américains : la Corée du Nord utilisera l'arme nucléaire qu'en cas d'agression

Le premier congrès depuis 1980 du parti unique en Corée du Nord entamait sa deuxième journée à huis clos samedi, à Pyongyang.PHOTO AFP / KCNA VIA KNS


La Corée du Nord ne fera usage de ses armes nucléaires que si sa souveraineté était menacée par une autre puissance nucléaire, a déclaré le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un devant le congrès du Parti des travailleurs de Corée (PTC).

« Comme puissance nucléaire responsable, notre république n’utilisera pas une arme nucléaire sans que sa souveraineté ne soit violée par des forces hostiles et agressives avec des bombes atomiques », a déclaré samedi Kim Jong-Un, cité dimanche par l’agence officielle KCNA.

Premire congrès du parti unique en 36 ans

Le premier congrès depuis 1980 du parti unique en Corée du Nord entamait sa deuxième journée à huis clos samedi.

Vendredi, le discours du dirigeant Kim Jong-Un était axé sur la défense de son programme d’armement atomique.

La réunion, par son caractère exceptionnel, est scrutée de près par les observateurs à la recherche de signes éventuels d’un changement de ligne ou de personnes, avec l’ascension possible d’une nouvelle génération de cadres choisis pour leur loyauté.

Costume et cravate à l’occidentale, M. Kim a félicité vendredi les scientifiques qui ont «créé un événement miraculeux en faisant retentir le son magnifique et grisant de la première bombe H de notre république».

Il s’exprimait devant des milliers de délégués triés sur le volet et venus de tout le pays pour assister à Pyongyang à ce rassemblement exceptionnel du Parti des travailleurs de Corée (PTC).

L’essai «a clairement démontré au monde entier notre esprit invincible et notre puissance illimitée (…) en réponse à la pression malveillante et aux sanctions des forces ennemies», a encore lancé le dirigeant.

Le discours, retransmis à la télévision d’État, a été fréquemment interrompu par des tonnerres d’applaudissements, avant une ovation debout finale.

Doutes sur la bombe H

La plupart des experts doutent que l’essai de janvier ait pu être celui d’une bombe H, arguant que l’énergie libérée était bien trop faible.

Les spéculations se sont multipliées sur la possibilité que Pyongyang s’apprête à mener un cinquième essai nucléaire, qui coïnciderait avec la tenue du congrès.

Les spécialistes de l’Institut américano-coréen de l’université Johns Hopkins ont affirmé vendredi, sur la foi des dernières images satellites du principal site nord-coréen d’essais nucléaires à Punggye-ri, que la présence de véhicules garés «suggérait que Pyongyang pourrait se préparer à un essai nucléaire dans un avenir proche».

«L’amour du Généralissime»

Kim Jong-Un, 33 ans, n’était pas né lors du dernier congrès en 1980. Il avait été organisé pour désigner Kim Jong-Il, son père, comme successeur de son propre père, Kim Il-Sung, fondateur d’un règne dynastique qui dure depuis près de 70 ans.

M. Kim a assuré que cette nouvelle édition marquait un «jalon important» sur «notre chemin révolutionnaire».

Les quelque 130 journalistes étrangers invités à couvrir l’événement n’étaient pas autorisés à entrer dans le Palais du 25 avril, dont la façade était décorée de portraits géants des deux dirigeants défunts. Photographes et vidéastes étaient tenus à 200 mètres à l’écart.

Le menu de ce congrès n’était pas dévoilé mais il devrait confirmer, comme doctrine du parti, la stratégie du «byungjin» initiée par Kim Jong-Un, à savoir le fait de mener en tandem développement économique et programmes nucléaire et balistique.

La Chine n’était pas représentée, peut-être le signe d’un froid entre Pyongyang et son seul allié majeur.

Des drapeaux du PTC et le drapeau national ont fleuri au bord des larges avenues de Pyongyang. «Les grands camarades Kim Il-Sung et Kim Jong-Il seront toujours parmi nous», proclamaient les bannières.

Les journalistes étrangers étaient dûment accompagnés de «gardiens», et les passants acceptant de s’exprimer s’en tenaient à la ligne officielle.

Samedi, vêtus de blouses blanches et couvre-chaussures, ils ont été emmenés dans une maternité refaite à neuf à Pyongyang, pour leur montrer «l’amour» du dirigeant envers son peuple.

Une jeune maman, Tong Youn-Mi, est interviewée par visio-conférence pour éviter tout risque d’infection, son nourrisson au creux de son bras. Plus tard, elle voudrait qu’il soit soldat, traduit le personnel.

«Grâce aux médicaments fournis par l’amour du Généralissime Kim Jong-Un», elle n’a pas souffert pendant l’accouchement.

Cet hôpital exemplaire est sans doute bien loin de la réalité quotidienne des Nord-Coréens, des ONG internationales déplorant une malnutrition chronique et un système sanitaire des plus rudimentaires.

Trois prix Nobel, en visite dans le pays, ont affirmé samedi que les sanctions pesant sur le pays affectaient lourdement son système de santé et devraient être assouplies.

«La pénicilline n’a jamais contribué à fabriquer des bombes nucléaires», a affirmé l’Israélien Aaron Ciechanover, prix Nobel de Chimie. «Ce n’est pas en n’aidant pas les malades qu’on met la pression sur un État».

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