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Une réfugiée somalienne nommée “femme de l’année” à Londres

Une réfugiée somalienne nommée “femme de l’année” à Londres

Une réfugiée somalienne nommée “femme de l’année” à Londres
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Réfugiée en Angleterre depuis huit ans, Mariam Ibrahim Yusuf est une militante des droits des femmes qui fuient la violence dans le monde entier.

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Une réfugiée somalienne nommée "femme de l'année" à Londres

Réfugiée en Angleterre depuis huit ans, Mariam Ibrahim Yusuf est une militante des droits des femmes qui fuient la violence dans le monde entier.

Cette demandeuse d’asile a risqué sa vie et a été séparée de ses enfants lorsqu’elle a quitté la Somalie, déchirée par un conflit militaire, pour se réfugier au Royaume-Uni. C’était il y a huit ans. Les autorités britanniques ont à plusieurs reprises rejeté sa demande d’asile, la laissant dans un vide juridique, rapporte le Huffington Post.

Mme Yusuf (38 ans) recevra sa récompense à Londres lors d’une cérémonie organisée par une agence pour les réfugiés au sein des Nations unies. Cet événement a pour but d’honorer les réalisations de femmes réfugiées en Angleterre.

Mme Yusuf est une militante des droits des femmes qui fuient la violence dans le monde entier. Elle a contribué à maintenir un réseau de soutien pour les femmes qui cherchent un asile, Women Asylum Seekers Together (WAST), basé dans la ville de Manchester, où elle habite.

“Si je ne parle pas, personne ne le fera”, a-t-elle déclaré à WorldPost. “Ces femmes, leur confiance en soi est détruite”.

“Elle est toujours là pour aider les autres”, souligne un membre du réseau, Alimatu Kijera.

L’histoire de Mariam Ibrahim Yusuf est poignante. En 1991, elle et sa famille ont quitté la Somalie à cause de la guerre civile afin de trouver asile dans un camp de réfugiés au Kenya. Alors adolescente, elle est tombée enceinte suite à un viol. Sa famille, déshonorée du fait qu’elle pouvait avoir un enfant en dehors du mariage, lui a trouvé un mari de la même tribu qui avait déjà une femme. Mariam est devenue alors la deuxième femme de son époux et la première a abusé d’elle physiquement et mentalement.

Le Kenya a fermé leur camp de réfugiés dans les années 1990. Mme Yusuf, qui était enceinte de son deuxième enfant, est revenue dans sa maison en Somalie avec son père. Elle a perdu le contact avec son mari et a sombré dans la dépression.

En 2008, la situation militaire s’est aggravée en Somalie et le père de Mariam lui a demandé de partir pour l’Europe, promettant de la suivre avec ses deux enfants. A l’aide de passeurs, Mme Yusuf est arrivée en bateau au Kenya et a pris l’avion pour le Royaume-Uni.

“Je ne savais pas où j’allais. Je ne connaissais pas un seul mot d’anglais et je ne savais pas ce que c’était que l’asile”, raconte Mariam.

Une fois arrivée au Royaume-Uni, elle a été envoyée dans un centre de réfugiés controversé, Yarl Wood.

“D’abord, j’ai vu que j’étais entourée par un grand mur et je me suis sentie à l’abri. Mais quand j’ai essayé de parler à une femme, j’ai compris que c’était une prison que je ne pouvais pas quitter. Je me demandais: +Pourquoi? Je n’ai fait de mal à personne+”, poursuit Mariam Yusuf.

La réfugiée somalienne a été libérée au bout de deux semaines. Elle mène actuellement une campagne afin de faire fermer Yarl Wood. Les autorités britanniques ont refusé sa demande d’asile car elle est d’origine ethnique bajuni et les Bajunis ne sont pas des Somaliens. Mme Yusuf n’a pas pu contacter ses enfants depuis qu’elle a quitté la Somalie, même avec l’aide de la Croix Rouge.

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