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USA-CUBA : Le drapeau américain flotte à nouveau à Cuba

USA-CUBA : Le drapeau américain flotte à nouveau à Cuba

La bannière étoilée a été hissée 54 ans après avoir été baissée, peu après l’avènement de la révolution castriste. PHOTO REUTERS


Cinquante-quatre ans après avoir été baissé, le drapeau américain flotte à nouveau devant l’ambassade des États-Unis à Cuba, hissé vendredi en présence du secrétaire d’État John Kerry qui a salué une étape « historique » dans la réconciliation entre ces deux ex-pays ennemis.

John Kerry salue les trois Marines – Jim Tracy, F.W. Mike East et Larry C. Morris – qui avaient abaissé en 1961 le drapeau flottant au fronton de la représentation diplomatique.

« Aujourd’hui, nous faisons un pas historique – et j’ajouterai qu’il aurait dû survenir bien plus tôt – dans la bonne direction et nous sommes déterminés à aller de l’avant », a déclaré le chef de la diplomatie américaine, le premier à fouler le sol cubain depuis 1945.

S’exprimant au cours d’une conférence de presse aux côtés de son homologue cubain Bruno Rodriguez, il a assuré que la normalisation des relations avec Cuba avait un caractère irréversible.

« Je ne peux pas imaginer un président, qu’il soit républicain ou démocrate, jeter tout ça par la fenêtre », a-t-il lancé, alors que la visite de vendredi a encore une fois suscité les critiques des opposants au réchauffement des relations, dont le gouverneur Jeb Bush et le sénateur Marco Rubio, candidats républicains à la Maison-Blanche.

Faisant montre de bonne volonté, M. Rodriguez a affirmé que Cuba était disposé à « discuter de tous les sujets, même si nous ne sommes pas toujours d’accord », avec les États-Unis, y compris des droits de l’homme.

Exigences de La Havane

Mais il a aussi répété les exigences de La Havane avant de sceller complètement la bonne entente entre ces deux ex-ennemis au temps de la Guerre froide, brouillés pendant plus d’un demi-siècle.

« J’ai rappelé au secrétaire d’État que la levée totale du blocus (économique imposé par Washington depuis 1962) est essentielle pour pouvoir avoir des relations normales avec les États-Unis, de même que la restitution de la base navale de Guantanamo », située à Cuba, a-t-il affirmé.

Mais si M. Kerry avait assuré, plus tôt dans la journée, que le gouvernement du président Barack Obama était « fortement en faveur » de la levée de l’embargo, il s’est montré plus réservé sur le second point : « Pour le moment il n’y a pas de changement prévu dans l’arrangement concernant Guantanamo ».

Point d’orgue de cette journée : la réouverture officielle de l’ambassade, huit mois après l’annonce solennelle et simultanée, le 17 décembre, par Barack Obama et Raul Castro, d’un rapprochement historique.

Et pour marquer un peu plus l’événement, ce sont les trois Marines qui avaient abaissé en janvier 1961 le drapeau flottant sur le fronton de la représentation diplomatique qui l’ont remis aux jeunes Marines l’ayant hissé vendredi.

Derrière des barrières de sécurité, une petite foule a assisté à cette cérémonie, agitant des drapeaux cubains. Les hymnes cubain, américain et la levée du drapeau ont été accompagnés de « Viva » et d’applaudissements.

Sur son 31

Façades repeintes, rues asphaltées dans l’urgence : La Havane s’était mise sur son 31 pour accueillir M. Kerry, qui repartira en début de soirée.

Après la conférence de presse, le secrétaire d’État s’est d’ailleurs offert une promenade à pied dans la pittoresque vieille ville, ôtant sa veste et sa cravate sous l’écrasante chaleur.

« Voir flotter le drapeau américain sur le Malecon (front de mer) de La Havane est un sentiment aussi profond que celui ressenti à Washington », quand a été hissé le drapeau cubain, confiait cette semaine à l’AFP Hugo Cancio, l’un des rares Cubano-Américains invités à la cérémonie.

Dans les faits, les relations diplomatiques sont déjà rétablies – et les ambassades des deux côtés rouvertes – depuis le 20 juillet.

Les deux gouvernements avaient rompu les liens en 1961 deux ans après l’arrivée au pouvoir des guérilleros dirigés par Fidel Castro mais ils entretenaient depuis 1977 des sections d’intérêt qui faisaient office d’ambassades.

Cette brève visite vise aussi à aborder les sujets qui fâchent, comme la protection des droits de l’homme et les dissidents politiques.

« Le peuple de Cuba serait mieux servi par une véritable démocratie dans laquelle les gens sont libres de choisir leurs dirigeants », a insisté John Kerry, qui a indiqué qu’une commission bilatérale, pour poursuivre le rapprochement notamment sur la question des droits de l’homme, se réunirait en septembre.

Alors que de nombreux dissidents cubains craignent de perdre le soutien des États-Unis une fois les deux pays complètement réconciliés, le secrétaire d’État rencontrera dans l’après-midi des opposants au cours d’une réception, privée, à la résidence de l’ambassadeur américain à La Havane.

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